Le coyote

Par Ginette Bars (édition octobre 2011)

Pour cette édition, je me suis permise un texte un peu plus long, car mes recherches sur le sujet ont été passionnantes et m’ont fait découvrir une foule de renseignements que je désirais partager avec vous.

On ne peut pas parler du coyote qui habite notre région, sans aussi parler du loup. En effet, le coyote de l’Est, selon des analyses génétiques, serait un hybride du coyote de l’Ouest (ou des Prairies) avec le loup de l’Est. Eh oui! Il y a les coyotes de l’Ouest plus petits que les coyotes de l’Est et les loups de l’Est plus petits que les loups gris.

Voici quelques données :

Mâle adulte (moyenne)

Poids

Hauteur au garot

Longeur totale

Coyote de l’Est

30-50 lbs

24 po.

54 po.

Loup de l’Est

60-65 lbs

29 po.

61 po.

Loup gris

70-130 lbs

33 po.

71 po.

Une théorie sur l’arrivée des coyotes dans le sud-est du Québec est que nous les humains avons posé deux actions déterminantes. La première fut notre acharnement à exterminer le loup par une chasse intensive n’hésitant pas à utiliser pièges et poisons. Nous avons été jusqu’à offrir des primes pour chaque loup tué. La deuxième est que pour satisfaire nos besoins, nous avons détruit leur habitat forestier au profit de l’agriculture et de l’urbanisation. Le résultat est que les loups ont disparu du territoire laissant la porte grande ouverte aux coyotes qui l’ont investi dans les années 1940 – 1950.

En effet, le coyote ne privilégie pas le même type d’habitat que le loup, étant un opportuniste il s’adapte à différents écosystèmes. Depuis, il a continué sa progression jusqu’à faire son apparition dans les régions plus au nord du Québec vers 1990.

Par nos actions, nous avons échangé un prédateur pour un autre et mis en péril la survie du loup de l’Est qui fait partie de notre patrimoine naturel. La population actuelle est estimée à 2 000 au Québec et en Ontario. Cependant, un loup de l’Est aurait été piégé en Estrie en 2002, est-ce un cas isolé?

La théorie sur l’hybridation quant à elle est assez simple, les coyotes dans leur périple vers l’Est auraient rencontré des «loups de l’Est» et c’est la raison pour laquelle nos coyotes sont un peu plus gros que ceux de l’Ouest.

Le coyote (canis latrans) est un carnassier qui se nourrit principalement de souris, rats, marmottes, écureuils, dindes sauvages, lièvres et ratons laveurs. De plus, c’est l’un des rares prédateurs du castor. Il lui arrive aussi de s’attaquer aux cerfs de Virginie faibles ou malades ainsi qu’aux animaux d’élevage tels les moutons.

Il est lui-même la proie des loups, ours noirs, couguars et parfois du lynx. Cependant, son ennemi le plus acharné est l’homme.

La femelle donne naissance, fin avril/début mai, à 5 à 7 petits, qui vivent une dizaine d’années.

Le coyote et le loup sont souvent pointés du doigt pour la baisse de population du cerf de Virginie. Pourtant, d’autres facteurs sont aussi à considérer tels :

  1. Les hivers rigoureux et l’abondance de neige ont un effet néfaste sur le cheptel.
  2. Le plan de gestion qui permet l’abattage des femelles et des veaux. De 2008 à 2010 dans notre zone de chasse (8 Sud), la récolte totale de cerfs déclarés a été de 4732 soit 1673 femelles plus 1276 veaux (mâles et femelles) pour un total de 2949 comparé à 1783 mâles. De plus, le plan de gestion 2010 – 2017 prévoit diminuer le cheptel total de 7.5 cerfs/km2 à 5 cerfs/km2 pour une population totale de 2290 cerfs.
  3. Le braconnage, personne n’aime mentionner ce mot, pourtant il existe….

Quoiqu’il soit parfois un animal importun, le coyote a sa place dans nos écosystèmes. Il est utile comme prédateur des rongeurs qui deviendraient bien vite une peste incontrôlable. Parfois en voulant régler un problème nous en attirons d’autres plus graves.

Son destin repose en partie entre nos mains.

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