Politicien québécois : Martin B. Fisher

Politicien québécois : Martin B. Fisher, 2 janvier 1881 – 17 décembre 1941
par Pauline Smith (traduction : Amelie Delisle Van Wijk)  (avril 2018)

Martin Beattie Fisher est né à Hemmingford le 2 janvier 1881. Il était le deuxième fils de Findlay Fisher et d’Eliza Beattie.

Dans son jeune âge, Martin était marchand et possédait un magasin dans le village de Hemmingford. En 1930, il a commencé sa carrière politique en gagnant l’élection partielle du comté de Huntingdon sous la bannière des Conservateurs. Il a été réélu en 1931, puis à nouveau en 1935 pour l’Union Nationale, sous Maurice Duplessis. Il a été nommé au Cabinet et trésorier en 1936, puis il a été nommé au Conseil législatif avant l’élection de 1939.

Martin Fisher était trésorier lors de la grande crise économique des années 1930 qui toucha non seulement le Québec, mais qui a aussi affecté le monde entier. La Grande Dépression a particulièrement touché le Canada, les États-Unis et l’Europe. Le climat politique était similaire partout et un leadership fort et agressif était demandé par le peuple, ce qui a permis la montée du fascisme en Italie et en Espagne, du communisme en Russie, du nazisme en Allemagne et du marxisme en Angleterre. C’était l’ère des dictatures, des préjugés raciaux et religieux, des gouvernements autoritaires et totalitaires. De façon similaire au Québec, le gouvernement de Duplessis avait son côté sombre, mais il a également permis une croissance et une prospérité sans précédent pour la province.

De 1936 à 1939, l’Occident se préparait pour la guerre. Le chô- mage était généralisé. Les machines prenaient le dessus sur les emplois qui étaient auparavant effectués manuellement dans les secteurs manufacturiers, de l’agriculture et de la foresterie. Le soutien social et le système d’aide sociale étaient minimes ou inexistants. Ces problèmes devaient être réglés rapidement.

Dans son allocution sur le budget d’avril 1937, Martin Fisher, trésorier, a remarqué que, malgré tous les efforts, le chômage au Québec s’élevait toujours à 19 %. Pour atténuer ce problème, il a promu la réalisation de travaux routiers comme étant une industrie ayant une « valeur économique sécuritaire. » De bonnes routes seraient profitables pour toutes les industries, les véhicules à moteur, les garages et les stations-service, l’agriculture ainsi que le tourisme. M. Fisher prévoyait surtout que le tourisme allait augmenter dans la province. Le projet de loi sur les routes, qui allouait une grande partie du budget à la construction de routes, a été passé sans débat. Le patelin de Fisher en a grandement profité.

Les routes du comté de Huntingdon ont été aplanies, élargies et asphaltées. Hemmingford a eu les premières routes secondaires pavées de la région. Fortin & Frères, déjà dans l’industrie des travaux routiers, a grandement bénéficié des contrats de travaux routiers et de pavage. La région s’est alors épanouie. En 1910, Martin Fisher s’est marié à Frances Maria Wark, la fille de Wellington Warren Wark et de Marguerite Warren Herrick, les propriétaires d’un hôtel où on retrouve aujourd’hui le 475 Frontière. Frances était diplômée de l’Université McGill, un exploit pour une femme de son temps. Elle était parfaitement bilingue et était aussi impliquée dans la politique. Elle a été secrétaire sociale et hôte officielle pour Maurice Duplessis, qui ne s’est jamais marié. Duplessis était un bon vivant et organisait régulièrement des soirées au Château Frontenac à Québec. Au moment de leur mariage, les Fisher étaient les propriétaires d’une jolie maison située à côté de l’Église presbytérienne St. Andrews. La maison y est encore et elle a conservé la même fière allure qu’à l’époque, une belle maison à ossature de bois grise. Le magasin et l’entrepôt de Fisher étaient situés sur la propriété à côté de la maison.

Au moment de la mort de Martin Fisher, alors que le village se développait, l’immeuble de Fisher a été vendu à un dénommé Fortin qui l’a déplacé de la rue Champlain à la rue Barr. Plus tard, il a été vendu à Leonard Priest et ce bâtiment est devenu son bureau, rempli de mobilier d’époque. Il a restauré, mis à jour et entretenu ce dernier comme un authentique bâtiment patrimonial, conservant sa structure originale et une partie de l’équipement d’origine utilisé dans le magasin. C’est un trésor d’une époque révolue. Martin Fisher est mort prématurément en déneigeant le toit de sa maison quelques semaines avant son 61e anniversaire. Frances Wark Fisher est demeurée à HHemmingford et est décédée en 1956. Elle est enterrée à côté de son mari au Cimetière de Hemmingford. Source : Archives d’Hemmingford.

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